Concert du duo Vaiteani

Vaiteani

Dimanche 14 mai à 18h00
Dans le parc du Lieu d’EuropeDans le cadre de la « Fête des Européens« , venez écouter le duo Vaiteani.

Entre les deux, cela sonne comme une évidence : voilà un duo fait pour s’entendre, et que pourtant tout éloignait. Se méfier des a priori. Elle, Tahitienne, est née aux antipodes, où après sa formation classique au piano, elle apprit la guitare en autodidacte. Lui, Alsacien, a grandi bien loin des Tropiques, à Strasbourg où il apprit la guitare puis les percussions. C’est là qu’ils vont se rencontrer, en 2009, autour d’une même passion : la musique. Le temps que Vaiteani termine ses études d’anglais, et les voilà repartis tous les deux à l’autre bout du monde. Entre eux, il y a la même curiosité pour toutes les musiques, sans exclusive (des traditions médiévales aux productions actuelles, en passant par la folk noire américaine et les trépidations des musiques africaines), le même désir de sortir des sentiers balisés pour tracer une voie originale : la leur. Un mix harmonieux de deux personnalités, en toute intimité. Corps et âme, telle est l’ambition de cette bande-son, composée loin des bruits du monde, plus près de leurs univers intérieurs.

C’est cette alchimie, tout de cordes subtiles, qui va séduire Les Francofolies de La Rochelle, où ils ont obtenu le droit de jouer après avoir gagné le concours « 9 semaines et un jour » en 2011. Ils s’y produisent sur la grande scène devant 10 000 personnes, une quasi première pour la jeune chanteuse qui jusqu’alors s’est contentée de chanter auprès des siens. Si Luc ne doute pas un seul instant du talent de Vaiteani, elle reconnaît que ce concours l’a confortée dans ses choix. « Cela m’a tout simplement révélée à moi-même et le soutien des professionnels m’a aidée à me décomplexer. » A commencer par le président du jury, Laurent Voulzy, qui a eu « un véritable coup de cœur sur la voix et la grâce  de Vaiteani » selon ses propres mots.  Ce parrain les encourage à poursuivre la route qu’ils ont commencé à tracer: un métissage musical qui colle à leurs identités, à l’écart des injonctions de l’actualité, à l’écoute des vibrations sonores qui traversent la planète.

« A notre retour à Tahiti et avec notre voile gonflée par cette expérience très enrichissante, nous avons décidé de travailler ensemble et d’aboutir notre projet pour ensuite commencer à jouer en live à Tahiti. Nous avons toujours pensé que tout arrive au moment où cela doit arriver. » C’est ainsi qu’ils prennent le temps nécessaire et le soin indispensable pour se confectionner un répertoire à leur image : une élégance qui privilégie les clairs-obscurs, une sophistication dépouillée de tout artefact. Elle taille des mélodies simples, à nu, qu’il se charge d’habiller d’arrangements cousus mains. Vaiteani aiguise sa plume sur des textes qui abordent aussi bien les moments de joie comme les instants plus durs dans la vie d’une femme : l’amour, la trahison, la mort, la contemplation et la persévérance. « La perspective est profondément féminine, j’ai écrit des chansons sur l’avortement, sur la violence conjugale (qui ne sera pas sur l’album), sur l’adultère, sur  la nécessité de rester forte quand c’est difficile. » A cette base soul folk teintée de mélancolie pop, il ajoute avec parcimonie des couleurs glanées dans les musiques du monde : un trait de udu ici, un toucher de balafon là, une caresse de ukulele plus loin…

Pas de doute, cet assemblage composite leur ressemble bien. Un « folk polynésien », appellation tout sauf certifiée conforme, qu’il faut plutôt entendre comme l’affirmation d’une volonté de sortir des formules préfabriquées. Et si, au moment de saluer un être cher, la chanteuse se confie en tahitien sur l’émouvant « Honu Iti E », il ne faut néanmoins pas se méprendre : « Le terme « polynésien » ne se rapporte ici à aucune tradition culturelle spécifique… Je porte ma culture en moi, je pense et je vis comme une Tahitienne d’aujourd’hui et tout ça peut se ressentir subtilement dans mes compositions. » En effet, Vaiteani chante avant tout en anglais et lui, après tout, joue des instruments du monde entier. Somme toute, leur premier recueil raconte une rencontre d’un nouveau type, où ils accordent leurs multiples influences, pour creuser un singulier sillon : celui d’un couple qui a su jouer de ses différences pour former un cœur à corps unique.