Déclaration du Comité pour l’Europe de et à Strasbourg (CŒURS)

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La presse et les réseaux sociaux se sont emparés il y a quelques jours de propos prêtés à la Chancelière allemande, Mme Angela Merkel, et qui remettraient en cause le siège du Parlement européen à Strasbourg.

Sans préjuger de la véracité et de la portée de tels propos, non contextualisés mais très vite instrumentalisés par les tenants d’une centralisation des activités du Parlement européen à Bruxelles, le Comité pour l’Europe de et à Strasbourg (CŒURS), réunissant les acteurs de la société civile engagés en faveur de « Strasbourg, capitale européenne », entend poursuivre la mobilisation citoyenne et notamment celle de la jeunesse, qui s’est d’ailleurs rassemblée à nouveau en masse à Strasbourg les 1er et 2 juin derniers, à l’occasion du « European Youth Event ».

Les membres du CŒURS ont fait, au cours des dernières années, la démonstration de leur engagement européen en multipliant les initiatives, avec le soutien des collectivités locales, depuis l’accueil des nouveaux députés européens en 2014 jusqu’à l’organisation le 13 juin dernier d’une grande soirée réunissant des personnalités strasbourgeoises issues des milieux les plus divers, en présence du Président du Parlement européen – qui a rappelé à cette occasion son attachement à Strasbourg, siège de l’institution –, en passant par les rapports de l’Association européenne des jeunes entrepreneurs sur la question du siège. De plus, de nombreux projets ont vu le jour, tels par exemple les « Dalles de l’Europe » et les « Bancs de l’Europe », qui participent de la dynamique européenne de notre ville, sans compter les nombreuses actions collectives et notamment celles liées aux consultations citoyennes menées par tous les militants européens que compte Strasbourg, et le CŒURS en particulier, en vue de refonder le projet européen.

L’Union européenne traverse une crise profonde, notamment autour de l’enjeu et du défi que constituent les migrations. C’est d’abord une crise de la solidarité européenne et de l’intelligence collective. Les citoyens de l’Union, représentés par le Parlement européen, entendent rappeler que nous ne sortirons de cette crise qu’en renouant avec l’esprit de solidarité et de paix qui doit animer la construction européenne, au-delà des égoïsmes nationaux et dans le respect des droits fondamentaux. Dans ce contexte, la France et l’Allemagne doivent avancer des propositions communes de relance du projet européen, comme l’attestent les résultats de la récente rencontre entre le Président de la République et la Chancelière allemande à Berlin, en amont du Conseil européen.

Dans ce contexte et face aux difficultés présentes et à venir, les citoyens européens et notamment les jeunes générations aspirent, à l’approche des élections européennes de mai 2019, à un Parlement européen capable de légiférer de façon transparente et responsable vis-à-vis de celles et ceux qu’il représente.

A cet égard, regrouper les activités du Parlement européen à Bruxelles aurait pour conséquence de renforcer les défauts d’opacité de l’Union européenne. La seule rationalité administrative ne peut guider le gouvernement de l’Union européenne, qui a besoin de symboles politiques forts et de légitimité démocratique.

Ville-frontière, ville-laboratoire où s’est forgée une part importante de l’identité politique et culturelle de notre continent, Strasbourg incarne ce symbole et cette légitimité, fruits de l’Histoire. Ville-capitale sans être capitale d’Etat, métropole à taille humaine, ville-forum où s’expérimente l’esprit de dialogue et de compromis, Strasbourg est porteuse d’un message authentiquement européen.

Par ailleurs, les travaux de rénovation voire de reconstruction du site du Parlement européen à Bruxelles militent en faveur d’une solution pérenne, respectueuse du principe du polycentrisme, qui doit prévaloir s’agissant des institutions de l’Union. Sur ce plan, les citoyens européens accepteraient difficilement une dépense aussi importante pour un nouveau siège à Bruxelles, alors qu’une alternative bien moins coûteuse existe à Strasbourg.

L’Union et ses citoyens ont besoin d’un projet européen revivifié et d’une capitale parlementaire forte et légitime. Cette capitale a été, est et sera Strasbourg, d’où peut renaître le projet d’une Europe souveraine. À quelques jours de l’entrée de Simone Veil au Panthéon, il convient ainsi de rappeler les mots de la première Présidente du Parlement Européen : « Seule l’Europe permet d’affronter toutes ces difficultés [...] c’est une assurance pour l’avenir, pour nous et pour nos enfants ».

En conséquence, le Comité pour l’Europe de et à Strasbourg se rallie aux membres de la Task Force, élus locaux, parlementaires nationaux et européens, représentants de l’Etat, mais aussi et en premier lieu au Président de la République, dans leur réaffirmation de l’attachement indéfectible à Strasbourg, capitale parlementaire de l’Union européenne.

         

Service presse de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg